Par : François Lalonde, Ph.D., Physiologiste de l’exercice certifié (SCPE), kinésiologue accrédité (FKQ) et ostéopathe. Co-fondateur, Chef, Sciences du sport, Formation et Recherche à La Fabrique Santé | La Fabrique d'Athlètes
Et si on arrêtait de voir la santé uniquement comme l’absence de maladie ?
De plus en plus, les grandes institutions scientifiques — dont le NIH (National Institutes of Health), l’un des principaux organismes de recherche en santé aux États-Unis — s’intéressent à une approche différente : la salutogenèse. La salutogenèse, concept introduit par Antonovsky, propose de comprendre les facteurs qui soutiennent la santé et la capacité d’adaptation des individus, plutôt que de se concentrer uniquement sur les causes de la maladie.
Plutôt que de se demander “pourquoi tombe-t-on malade ?”, cette approche pose une autre question, beaucoup plus puissante : “qu’est-ce qui nous maintient en santé ?”.
La salutogenèse met l’accent sur la capacité du corps à s’adapter, résister au stress et maintenir son équilibre. Et pour comprendre cette capacité, il faut aller au-delà des indicateurs classiques comme l’IMC ou le poids.
C’est là qu’entre en jeu un marqueur clé, encore trop méconnu du grand public : le VO₂max (consommation d’oxygène maximale).
Dans l’imaginaire collectif, le VO₂max est souvent associé aux athlètes d’élite ou à la performance de haut niveau. Pourtant, cette perception est trompeuse. En réalité, le VO₂max est avant tout un indicateur de santé fondamentale. Et surtout, c’est un outil extrêmement pertinent pour toute personne qui débute ou reprend une activité physique.
Si vous manquez d’énergie, que l’effort vous semble difficile ou que vous ne savez pas si vous vous entraînez correctement… il y a de fortes chances que votre VO₂max soit en cause.
Le VO₂max, concrètement
Le VO₂max correspond à la quantité maximale d’oxygène que votre corps peut utiliser lors d’un effort intense.
Derrière cette définition simple se cache quelque chose de beaucoup plus intéressant : le VO₂max reflète la capacité de votre corps à fonctionner efficacement dans son ensemble.
Il dépend de :
● votre cœur
● vos poumons
● votre circulation sanguine
● vos muscles
Autrement dit, c’est un indicateur global de votre capacité physique réelle.
Pourquoi ça change tout pour votre santé
On pourrait penser que le VO₂max est un indicateur “sportif”.
En réalité, il est surtout un marqueur de salutogenèse et de prévention.
Les données scientifiques montrent que :
● un VO₂max plus faible est associé à un risque plus élevé de maladies chroniques
● une meilleure capacité cardiorespiratoire est liée à une plus grande longévité (healthspan ou vieillir en santé)
Mais un aspect encore moins connu est son rôle dans la santé musculosquelettique.
Des travaux récents montrent que la capacité cardiorespiratoire est étroitement liée à :
● la fonction physique
● la tolérance à l’effort
● et la capacité à maintenir un niveau d’activité suffisant pour préserver les tissus musculosquelettiques
Autrement dit, un VO₂max plus élevé contribue à :
● réduire le déconditionnement
● mieux tolérer les charges mécaniques
● soutenir une fonction physique durable
Au-delà des aspects physiques, il existe aussi une dimension psychologique essentielle.
Un niveau de condition physique plus élevé est associé à :
● une meilleure perception de l’effort
● une plus grande confiance dans ses capacités
● une réduction de la peur du mouvement (kinésiophobie)
Ces éléments s’inscrivent directement dans le modèle biopsychosocial, aujourd’hui largement reconnu en santé, qui considère que l’état de santé résulte de l’interaction entre des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux (Engel, 1977).
Ainsi, le VO₂max ne reflète pas uniquement la capacité du corps, mais aussi, indirectement, la capacité de la personne à interagir avec son environnement, bouger avec confiance et maintenir un mode de vie actif.
Plus encore, l’inactivité physique elle-même est reconnue comme une cause majeure de nombreuses maladies.
Ce que ça veut dire concrètement : Ce n’est pas seulement s’entraîner qui est important…
c’est maintenir une capacité physique minimale pour rester en santé, autant sur le plan cardiovasculaire, musculosquelettique que psychologique.
Et le VO₂max est l’un des meilleurs moyens de mesurer cette capacité.
Le piège : s’entraîner sans repère
Beaucoup de personnes sont actives… mais sans vraiment savoir si elles s’entraînent efficacement.
Résultat :
● certaines s’entraînent trop fort
● d’autres pas assez
● plusieurs stagnent ou se fatiguent inutilement
Sans mesure, on devine.
Avec des données, on comprend.
Le VO₂max devient alors un point de départ :
● pour situer votre niveau
● pour adapter votre intensité
● pour progresser de façon logique
Bonne nouvelle : ça se développe (même chez les amateurs, les débutants ou les personnes en réadaptation)
Le VO₂max n’est pas réservé aux élites. Il peut s’améliorer, et parfois de façon significative.
Dans une étude réalisée chez des athlètes amateurs préparant un demi-Ironman (Lalonde et al., 2020):
● le VO₂max a augmenté après un programme structuré
● les seuils physiologiques se sont améliorés
● la performance globale a progressé
Message important : Même sans être un athlète, votre corps est capable de s’adapter rapidement avec un entraînement bien structuré. Et pourtant, la majorité des gens ne savent même pas où ils se situent.
Ce que ça change pour vous
Comprendre et mesurer votre VO₂max permet de :
● mieux comprendre votre condition physique actuelle
● structurer votre entraînement
● éviter de perdre du temps ou de vous épuiser
● progresser de façon plus efficace et sécuritaire
C’est aussi une façon concrète de reprendre le contrôle sur votre santé. “La majorité des gens s’entraînent sans savoir. Ceux qui progressent… mesurent.”
À La Fabrique : passer de l’intuition aux données
À La Fabrique d’Athlètes, notre approche est simple : vous donner des données concrètes pour mieux vous entraîner.
Grâce au test à l’effort, on peut :
● mesurer votre VO₂max avec précision
● identifier vos zones d’entraînement
● comprendre comment votre corps réagit à l’effort
● vous guider avec des recommandations personnalisées et déterminer l’utilisation des substrats énergétiques à l’effort (glucides et lipides)
Que vous soyez :
● débutant
● en remise en forme
● ou sportif amateur
Le test devient un point de départ clair pour progresser. En une seule séance, vous repartez avec une compréhension claire de votre condition physique… et des prochaines étapes pour progresser.
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Références
● Booth FW, Roberts CK, Laye MJ. Lack of exercise is a major cause of chronic diseases. Compr Physiol. 2012.
● Lalonde F, Martin SM, Boucher VG, et al. Preparation for a Half-Ironman Triathlon amongst Amateur Athletes: Finishing Rate and Physiological Adaptation. Int J Exerc Sci. 2020.
● Berthon P, Fellmann N, Bedu M, et al. A 5-min running field test as a measurement of maximal aerobic velocity. Eur J Appl Physiol. 1997.
● Kodama S, Saito K, Tanaka S, et al. Cardiorespiratory fitness as a quantitative predictor of all-cause mortality and cardiovascular events.JAMA. 2009.
● Ross R, Blair SN, Arena R, et al. Importance of assessing cardiorespiratory fitness in clinical practice: a case for fitness as a clinical vital sign. Circulation. 2016.
● American College of Sports Medicine (ACSM). Guidelines for Exercise Testing and Prescription.
● Poitras VJ, et al. Systematic review of the relationships between objectively measured physical activity and health indicators. Appl Physiol Nutr Metab. 2016.
● Rios, M. J., Pyne, D. B., & Fernandes, R. J. (2026). Bioenergetic Profiling in Exercise: Methods, Limitations and Practical Applications—A Narrative Review. Physiologia, 6(1), 19.
● Kiesel K, Matsel K, Bullock G, Arnold T, Plisky P. Risk Factors for Musculoskeletal Health: A Review of the Literature and Clinical Application. Int J Sports Phys Ther. 2024 Oct 1;19(10):1255-1262.
● Engel GL. The need for a new medical model: a challenge for biomedicine. Science. 1977.
● Antonovsky, A. (1979). Health, stress, and coping. Jossey-Bass.
● Antonovsky, A. (1987). Unraveling the mystery of health: How people manage stress and stay well. Jossey-Bass.
● Eriksson, M., & Lindström, B. (2006). Antonovsky’s sense of coherence scale and its relation with quality of life: A systematic review. Journal of Epidemiology and Community Health, 60(5), 376–381. https://doi.org/10.1136/jech.2005.041616
● Mittelmark, M. B., Sagy, S., Eriksson, M., Bauer, G. F., Pelikan, J. M., Lindström, B., & Espnes, G. A. (Eds.). (2017). The handbook of salutogenesis. Springer. https://doi.org/10.1007/978-3-319-04600-6
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